Le pays de tous les superlatifs !

Parce que je reste attachée à la méthode traditionnelle, je continue à préparer mes voyages avec des guides « papier » que je trouve bien plus pratiques que leurs équivalents numériques et plus exhaustifs que les innombrables et souvent identiques  « 10 à choses à faire absolument en Norvège » qui assurent le référencement des blogs de voyages professionnels et sponsorisés ! Bref, dans le Lonely Planet, on découvre donc que la Norvège est le pays de tous les superlatifs : tout y est plus grand, plus profond, plus haut, plus septentrional ! L’aéroport d’Oslo est paraît-il l’un des plus beaux du monde… ah oui ? Ça ne nous a pas sauté aux yeux !

Oslo est une ville à taille (très) humaine, une bourgade aux airs de province verdoyante au bord d’un fjord dont les eaux claires offrent de nombreux lieux de baignade. Au premier abord, l’urbanisme est un peu hétéroclite, mélange de jolis immeubles aux couleurs pastel très scandinaves et de constructions modernes en verre et acier. Les rues piétonnes du centre sont comme dans tant d’autres villes, colonisées par les franchises internationales et les boutiques de fast-food, mais si l’on s’éloigne un peu, on découvre plein de jolis quartiers fleuris aux maisons assez cossues.

Nous voilà partis pour une balade découverte sans plan ni programme. On  commence par la forteresse d’Akhershus un joli lieu historique au pied de laquelle fut construite Christiania, la ville renaissance qui deviendra Oslo. Puis, par le port, on rejoint vite la place de l’hôtel de ville et les rues animées du centre qui mènent vers le magnifique parc du Palais Royal. J’ai beaucoup aimé la petite rue de Damstredet, parfaite carte postale de petites maisons en bois colorée avec leurs bicyclettes et leurs rosiers fleuris. L’après-midi se termine au bord de l’Akerselva où quelques terrasses branchées offrent un cadre très « bobo – street art » pour une bière et une partie de carte !

Pour le deuxième jour, nous avons trois objectifs : le musée du Fram, les statues du parc Vigeland et l’incontournable Opéra d’Oslo. Durant l’été, la « péninsule des musées » est accessible en ferry. Pas donné, comme tout d’ailleurs en Norvège, mais très pratique et chouette pour le panorama sur le fjord d’Oslo. Nous avons choisi de visiter le musée de l’exploration polaire à la fois pour le côté « aventure humaine » et pour la dimension scientifique… et c’est une très belle découverte ! La plupart des expéditions, principalement vers le pôle nord, mais aussi dans l’Antarctique, sont très documentées. L’ouverture du « passage du nord-ouest », en 1906, a été la quête d’une vie pour le célèbre explorateur Roald Amundsen. Ce qui est particulièrement magique dans ce musée, c’est la possibilité de monter à bord du navire Fram et d’en visiter tous les recoins.

Nous décidons ensuite de rejoindre à pied le grand parc de Frognerparken, véritable musée à ciel ouvert des œuvres du sculpteur Gustav Vigeland. C’est une belle marche, il fait chaud et la fatigue se fait sentir quand nous arrivons au pied du grand obélisque de granit. Cette œuvre magistrale me met assez mal à l’aise : tous ces corps enchevêtrés, entassés, m’évoquent les pires horreurs de la guerre. Autour du « monolithe », une trentaine de figures de pierre évoquent le cycle de la vie, l’évolution des corps. Il y a quelque chose de très sensuel dans ces sculptures.

A l’autre bout de la perspective, sur « le pont » sont exposés les pièces de bronze les plus célèbres de Vigeland. La foule se presse pour se photographier avec le sinnataggen (le petit garçon en colère)… mais tant d’autres œuvres sont magnifiques de vie.

Nous quittons le parc pour mettre le cap vers l’opéra : le plus grand édifice culturel de Norvège ! Et c’est vrai qu’il a de la gueule cet opéra avec ses lignes pures et son toit de pierre blanche, comme un iceberg échoué dans le port d’Oslo. On peut accéder au toit par une grande rampe inclinée où les badauds s’installent, comme sur des gradins, pour admirer la vue sur la ville. En contrebas, il y a une petite plage urbaine bondée.

Nous en avons un peu plein les pattes après cette journée passée à arpenter Olso. Nous nous posons sur une terrasse à proximité de la forteresse pour une bière et une pizza au rapport quantité prix assez défavorable… mais nous sommes dimanche, alors on ne peut pas faire les difficiles ! Demain, lever aux aurores pour prendre l’une des plus belles lignes de chemin de fer au monde !