Nous retrouvons le confort douillet de l’Hurtigruten. Adieu notre petite cabane sur pilotis et les magnifiques paysages des îles Lofoten. L’express côtier met le cap vers le nord.
Peu de temps après notre départ de Svolvaer, le navire s’engage dans un étroit bras de mer baptisé « le fjord des Trolls ». Long de 2 km, large de seulement 100 m par endroits, il est impressionnant par la hauteur de ses falaises. L’expérience vaut aussi pour la manœuvre de demi-tour millimétré que doit négocier le commandant de bord !

Après une nuit de navigation, nous arrivons à Tromsø sous un soleil radieux. Incroyable, nous sommes au-delà du 69° parallèle ! Tromsø détient d’ailleurs le titre de « ville de plus de 50000 habitants la plus septentrionale au Monde » ! L’escale permet de passer toute l’après-midi sur place et nous en profitons bien. Balade le long du port en direction du quartier historique : petites maisons colorée en bois derrière leurs jardinets… Nous faisons l’impasse sur le Polar Museum, (nous avons déjà visité le Fram d’Oslo sur le même sujet) mais nous rendons hommage à Roald Amundsen dont le buste et le portrait ornent plusieurs endroits de la ville.



La flânerie sur Storgata, la rue commerçante de la ville est bien agréable… ainsi que le concert donné dans la cathédrale. Nous terminons notre tour à Polaria, un aquarium de la faune polaire assez décevant. Les phoques sont adorables, mais on est vraiment peiné de leurs conditions de vie.



Tromsø nous laisse l’image d’une jolie ville, joyeuse et colorée… alors que le paysage lui perd de ses couleurs au fur et à mesure que nous naviguons vers le nord. Il commence à faire froid, l’océan et les nuages se confondent sur l’horizon, ça sent la neige !
Nous passons beaucoup de temps à scruter l’horizon dans l’espoir de voir des baleines ou des orques. J’explore les falaises à la jumelle à la recherche de colonies d’oiseaux marins… mais rien ! Le paysage est mélancolique et dépaysant.
Notre prochaine étape est Honningsvåg : petite bourgade loin de tout qui est devenu le passage incontournable des milliers (que dis-je, des centaines de milliers !) de touristes qui veulent inscrire le Cap Nord à leur palmarès ! Et nous ne ferons pas exception…



On oublie l’excursion proposée par Hurtigruten (hors de prix pour 4 personnes)… et on tente une formule locale trouvée sur internet. Le bus 406 conduit par Bernadette, une hollandaise expatriée, emmène dans la joie et la bonne humeur une petite dizaine de dissidents comme nous jusqu’au site du Cap Nord… et pour moitié moins cher !!

Le programme est bien rodé pour s’adapté à l’escale du navire, aucune crainte à avoir de ce côté-là ! La route est magnifique. Les paysages désolés de l’île de Magerøya, entre falaises et lacs, sont le territoire des populations Sami et de leurs troupeaux de rennes. On se croirait presque seuls… mais non ! Le parking du site touristique du Cap Nord est bien rempli !

On s’emmitoufle bien chaudement pour faire face au vent glacial avant de marcher jusqu’à l’extrême pointe nord du continent. Le site est majestueux et symbolique avec ses hautes falaises qui plongent dans l’arctique. Ça valait tout de même le détour !



Nous approchons de la fin du voyage. Encore une nuit dans le confort douillet de nos cabines et nous serons à Kirkenes, terminus de l’express côtier.
Il fait gris lorsque nous débarquons sur le port. La marche vers le centre-ville est rapide mais sans charme. La ville elle-même n’est pas désagréable, rues au cordeau de petites maisons dominées par les bâtiments du complexe minier à l’origine de son développement. Mais c’est tout de même très calme… très très calme ! Les enseignes et plaques de rue sont écrites en alphabet latin et en alphabet cyrillique : nous sommes à 15 km de la frontière russe.



Nous avons une journée à passer à Kirkenes. Ça nous semble long tout à coup ! Nous optons pour le musée Varanger de l’histoire locale situé à la sortie de la ville et c’est une bonne surprise. Le musée Varanger, c’est une initiative culturelle intercommunale de la région de Sør-Varanger pour documenter et faire connaître l’histoire particulière de ce territoire frontalier. Il compte une soixantaine de lieux.
Nous découvrons ainsi beaucoup de choses que nous ignorions totalement sur la culture et les populations Sami, le commerce avec les Pomor (ces colons russes venus de la région de Novgorod) ou encore le déroulement des combats de la seconde guerre mondiale sur ce front stratégique. C’est passionnant (mais tout en anglais… et norvégien bien sûr).

Après cette visite très instructive, nous décidons de faire une boucle et une balade hors de la ville avant de rentrer. La campagne est belle et nous apercevons au loin des constructions plantées à intervalles réguliers sur la crête… qui pourraient bien être la frontière. Retour en ville.
On va profiter de la piscine de l’hôtel qui est je crois la piscine la plus septentrionale !!!
Le lendemain, quelques aventures originales nous attendent encore ! Une alerte à « un engin explosif » est à l’origine de l’évacuation de l’aéroport… impressionnant dispositif policier. Finalement, plus de peur que de mal, nous montons dans l’avion avec 2 heures de retard (seulement).
Adieu Kirkenes… et la Norvège et merci pour ces magnifiques vacances.